Pourquoi je ne fais pas de Black Hat SEO

Pourquoi je ne fais pas de Black Hat SEO
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On voit souvent la communauté SEO faire l’apologie du Black Hat et encenser ses experts les plus chevronnés. Il faut dire qu’ils remportent tous les concours SEO c’est bien la preuve que ça fonctionne ! (Concours « Pandaranol » remporté par Paul Sanches alias @Seoblackout). Les lois sont faites pour être contournées diront certains. En même temps quand on voit l’arrogance de Google et de ses porte-paroles ça démange méchamment. Une légère envie de montrer que l’on est plus malin que l’omnipotent Google? Certainement.

Mais alors pourquoi je ne ferais pas de Black Hat SEO ?
Parce que je suis-je naïf ? Peut-être.
Parce que suis-je prudent ? Indéniablement.
Parce que je suis bête ? Je ne pense pas.

Raison n°1 : Des emplois sont en jeu

Je suis actuellement responsable SEO au sein d’une société pure-player qui édite des sites de taille importante et emploie plusieurs centaines de personnes. De fait Google représente une partie importante du trafic global et donc du chiffre d’affaires généré via les conversions ou l’affichage de publicités.

Une pénalité Google entraînerait une perte de trafic et donc une baisse immédiate de rendements pour nos clients et annonceurs. Difficile alors de renouveler les contrats ou d’en faire signer de nouveaux : cela peut avoir des conséquences directes et indirectes sur l’activité de l’entreprise.

Sorry bro

La pénalité est quelque chose que je ne peux pas me permettre, je me sens responsable vis-à-vis de mes collègues qui font eux aussi leur part de travail. Je vais donc me borner à un SEO « de bon père de famille » et éviter de céder aux sirènes de l’achat ou de l’échange de liens par exemple. De là à dire que suis tout blanc ou que ce que je fais n’est pas efficace, loin de là ! Il faut avouer que travailler pour des gros sites permet aussi de s’affranchir de certaines contraintes…

Pourtant c’est évident que Google est plus tolérant avec les gros sites et les marques bénéficiant d’un maximum d’ancienneté et d’autorité (Trust Rank) quand les newcomers se font pénaliser à la moindre incartade. Un rapport avec le budget SEM dépensés par ces mêmes grandes enseignes ? Ne soyons pas mauvaise langue !

Google n’hésite tout de même pas à pénaliser des grandes marques qui franchissent la ligne jaune. Ainsi Interflora, Halifax, JC Penney ou encore Expedia (non confirmé) ont pu en faire l’amère expérience. Sans compter toutes les enseignes qui cachent leur pénalité de peur d’écorner leur image de marque…

N’empêche parfois je me pose la question : le management des grands sites qui font du Black Hat est-il toujours au courant des risques que lui fait encourir son responsable SEO, son agence ou son consultant ?

Raison n°2 : Le jeu n’en vaut pas (toujours) la chandelle

C’est la fable du lièvre et de la tortue. Ce qui marche aujourd’hui vous vaudra peut-être une pénalité demain. Respecter les consignes c’est aussi anticiper et penser long terme là où la bonne performance est celle qui dure.

Si vous vous faites pénaliser c’est la triple peine :

– Avant la pénalité : perte de temps à essayer de ranker (mais vous ne le savez pas encore)
– Pénalité : perte de trafic (dépend du type de pénalité et de la gravité de la « faute »)
– Après la pénalité : perte du temps à nettoyer / désavouer + demande(s) de réexamen

Pendant ce temps vous auriez pu par exemple : améliorer votre linking interne, travailler vos contenus, améliorer la pertinence sémantique du balisage… Après vous avez peut-être eu le temps de vous « gaver » avant de tomber fièrement au combat…

CourseLe zoo Google et sa pléthore de pénalités ont rendu le Black Hat beaucoup plus difficile à mettre en œuvre dans la durée et Google dispose d’une armée de personnes qui s’emploient à rendre la tâche chaque jour un peu plus ardue. Il semblerait même que l’argent facile sur Internet ça n’existe plus !

Pourtant il y aura toujours des failles et des gens pour s’y engouffrer car Google reste un algorithme, un robot qui calcule sans raisonner, malgré l’ajout ponctuel de revues manuelles, et en cela il reste faillible en l’état actuel des choses.

Les Black Hat sont donc devenus plus forts et plus malins ou alors ils se sont rangés pour revenir au White Hat. Sans regret j’en suis sûr, car « c’était marrant ».

Sortir d’une pénalité

SandboxAutre argument de poids : il est souvent difficile de sortir d’une pénalité. On a vu des victimes de Panda ne jamais se remettre des effets du filtre et les ravages de Pingouin hantent les forums spécialisés. Quand je vois l’acte de pénitence et le chemin de croix qu’il faut mener pour une demande de réexamen suite à un apport de lien « non naturel », j’espère ne jamais avoir à passer par là.
En moyenne, Google reçoit tout de même environ 5 000 demandes de réexamen par semaine.

Il est même parfois trop coûteux de nettoyer pour espérer (ce n’est pas certain) revenir dans les bonnes grâces de Google. Il faudra alors peut-être songer à abandonner le nom de domaine dans lequel vous avez tant investi en branding… Ah on me dit que même sans redirection 301, une pénalité peut vous suivre d’un domaine à l’autre. Too bad!

Mais la sortie de pénalité n’est pas non plus impossible et certains se sont spécialisés dans la discipline, proposant même leurs services. Il faut dire que les critères de sortie sont tellement opaques (on ne reçoit même pas toujours de notification dans Webmaster Tools) qu’il faut beaucoup d’expérience en la matière pour comprendre ce que Google attend du pénalisé.

Raison n°3 : Je ne sais pas faire

I Have No Idea What Im DoingSpinning, cloaking, site flipping, scraping, proxies, blasts, etc. J’essaie de me tenir au courant des pratiques employées (on ne sait jamais) mais je ne sais pas utiliser ces leviers qui requièrent une grande connaissance technique (je viens d’une formation Management / Marketing mais j’essaie de m’en sortir).

Idem pour les outils BH disponibles sur le marché. J’ai un profond respect pour ceux qui arrivent à (bien) s’en servir et pour ceux qui créent leurs propres tools. Après tout dépend de comment on s’en sert… Car pour réussir grâce au côté obscur il faut désormais être très bon : pas facile de garder une longueur d’avance sur les ingénieurs de Mountain View. La médiocrité ne vous mènera nulle part.

Bien sûr j’utilise régulièrement des textes à trous avec des patterns parfois complexes mais je n’irai pas jusqu’à dire que je fais du content spinning.
Je pourrais m’y mettre (et il y des formations) mais…

Raison n°4 : Ça ne m’intéresse pas

Parano SEOPas envie de devenir parano, de devoir changer sans cesse de comptes et d’effacer mes traces à chaque fois pour éviter d’être pisté par Big Brother et que mes sites tombent comme des dominos. Vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, non merci.
Le White Hat c’est aussi une garantie pour le SEO de dormir sur ses deux oreilles et de ne pas ouvrir fiévreusement son outil de suivi Analytics tous les matins.

Et puis j’aime mon métier de la façon dont je l’exerce actuellement c’est à dire en collaborant avec une multitude de métiers complémentaires et enrichissant : développeurs, chefs de projet, journalistes. Nulle envie de changer ça pour passer mes journées à chercher des spots de backlinks, paramétrer mes outils de spin ou de soumission automatique ou pire : envoyer des demandes d’échange de liens ! Cela ne m’intéresse pas (no offense). Duper Google est jouissif mais à quel prix?

Raison n°5 : J’ai les moyens de m’en passer

MoneyTravailler pour une société qui édite plusieurs gros sites reconnus, entretient toute une cohorte de développeurs et d’intégrateurs et investit dans le contenu via une rédaction en interne, c’est un formidable atout pour travailler le référencement. J’ai conscience de ma chance : je dispose de beaux terrains de jeu pour travailler popularité, notoriété, contenus chauds et froids.

Suivre les guidelines Google coûte cher (en temps surtout). Sans ces moyens mis à disposition, je serais peut-être tenté d’avoir recours à des techniques moins orthodoxes.

Stop à l’hypocrisie

Si vous positionnez vos propres sites que vous bichonnez pour l’Adsense ou l’affiliation, vous êtes évidemment libres de faire ce que voulez car vous n’êtes soumis à aucun cas de conscience ! Notez que si vous n’avez pas de conscience c’est encore plus facile.

HypocriteEn revanche consultants SEO indépendants et agences faites attention car la communauté SEO ne tolèrera pas que vous ne soyez pas transparents avec vos clients ! Vos clients non plus d’ailleurs (de moins en moins dupes) s’ils vous prennent la main dans le sac.

Aucun problème si vous utilisez des pratiques Black Hat (attention à la délation) mais ne le faites pas sous couvert de « référencement 100% White Hat » autrement vous allez au clash avec la communauté (priez pour que Laurent Bourrelly ne vous grille pas). Votre e-réputation n’en sortira pas indemne…

On peut d’ailleurs parfois se demander quelle est la part de responsabilité des clients qui veulent des résultats rapides et garantis par leurs prestataires tout en limitant au maximum le nombre d’heures facturées…

SEO in-house quant à vous assurez-vous de faire part des risques encourus à votre hiérarchie et d’avoir son soutien si vous décidez de vous lancez dans l’aventure mais réfléchissez avant aux conséquences potentielles. Et gardez-vous une porte de sortie c’est-à-dire la possibilité de faire un roll-back rapidement.

Bonus : définir le Back Hat ?

Difficile de parler de Black Hat sans essayer de le définir. C’est un exercice quasi impossible auquel d’autres ce sont déjà essayé. Son champ d’action ne se limite d’ailleurs pas qu’au SEO! De surcroît ma position de White Hat ne me rend pas tellement légitime sur la question… Tant pis j’essaie quand même.

Attention j’exclue ici les pratiques dites de Negative SEO. Le Black Hat c’est pour moi positionner un site dans Google en faisant fi des guidelines officielles du moteur, mais sans forcément influer négativement sur le positionnement de ses concurrents. L’éthique Black Hat se rapproche d’ailleurs beaucoup de celle du hacker. Certes ceux qui ont recours au Negative SEO sont souvent familiers de l’automatisation et des autres leviers BH mais pas d’amalgame s’il vous plaît !

Le SEO Black Hat selon moi c’est celui qui refuse de suivre aveuglément les consignes de Matt Cutts, celui qui pense par lui-même, qui remet en cause les règles, qui exploite les failles du système, bref celui qui brave les interdits, qui a des couilles, un héros en blouson noir qu’on envie secrètement car il a le « truc ». Celui qui couche avec votre femme pendant que vous êtes au boulot… je m’égare.

Badass SEOQuelque part c’est aussi le petit malin qui remonte les bouchons par la bande d’arrêt d’urgence. En ça il peut énerver. D’accord il ne joue pas selon les règles du jeu mais il n’y a là rien d’illégal et au final le juge de paix cela reste le positionnement (et au-delà le CA généré) !

D’ailleurs quel plaisir de dépasser « à la régulière » un concurrent qui s’était emballé dans les SERP avec des techniques douteuses !

Mais attention, ne traitez surtout pas le Black Hat de fainéant ou de paresseux ! Déjà parce qu’il pourrait vous en cuire (vous n’avez pas envie de voir le mot « idiot » suivre votre nom dans Google Suggest pas vrai ?). Ensuite parce que ce sont souvent de vrais bourreaux de travail qui peaufinent sans cesse leurs techniques et leurs spots de backlinks et innovent en même temps que Google évolue.

J’avoue même les comprendre : comment peut-on « travailler le signal social » ou « obtenir des liens externes naturels » lorsque votre client est vendeur de boulons galvanisés dans  le secteur aéronautique (no offense). Difficile de tenir un blog sur le sujet pas vrai ? J’attends vos avis.

Pour finir un petit clin d’oeil à ce facétieux @Polo_SEO pour son hijacking de génie sur Google+ lors du lancement du blog Google pour les webmasters en français. Un bel exemple de l’état d’esprit Black Hat. Chapeau bas!

Hijacking Google+ Polo_SEO

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Par
Référenceur white hat évoluant chez l'annonceur en milieu agile, formé par la SEO Rockstar Laurent Bourrelly. Pour suivre l'actu #SEO (mais pas que) de Slow Lab sur Twitter > @gaujay. Voir mon Profil Behance